Blade runner redéfinit l'athlète olympique

Blade runner redéfinit l’athlète olympique

Oscar Pistorius, alias “blade runner”, a été sélectionné par le comité des sports de l’Afrique du Sud pour représenter le pays aux jeux de Londres dans le 400 mètres individuel et le relais 4 x 400 mètres. Ce faisant, il devient le premier amputé à pouvoir participer aux jeux Olympiques. Il participera, en plus, aux jeux paralympiques cette même année. Une victoire à la fois pour l’athlète et pour la science des prothèses.

Pistorius court grâce à deux prothèses de carbone, ses « lames ». Amputé des deux jambes sous le genou à 11 mois, les succès de Pistorius découlent directement de sa volonté et de son entraînement. Ses détracteurs, qui ont obligé Pistorius à se battre en cour pour être en mesure de se comparer à des athlètes normaux, ont argué que ses prothèses lui donnaient un avantage injuste, argument qui a été débouté par la cour en 2008.

Le cas Pistorius est fascinant puisqu’il brouille la définition de ce qu’est un athlète olympique. Comme les athlètes olympiques améliorent sans cesse leurs performances grâce à des équipements toujours plus performants et des techniques de pointe en science d’entraînement du corps humain, quelle sera la ligne à définir pour les prothèses?

Aujourd’hui, il y a fort à parier que les lames de Pistorius ne lui confèrent pas un grand avantage (il court le 400 mètres parce que ses départs sont très lents en comparaison aux autres athlètes), mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. La prosthétique entre dans une nouvelle ère et ses avancées sont de plus en plus spectaculaires.

La question est de savoir comment comparer le membre humain à sa prothèse. Autrement dit, comment peut-on quantifier la valeur du corps humain organique pour le comparer à la machine statique? Permettra-t-on à un skieur dont un œil est électronique de participer à la course? Un plongeur au cœur mécanique aura-t-il droit de monter sur le podium? En faisant entrer Oscar Pistorius aux Olympiques, cette question nécessaire est désormais ouverte.

Et qui sait, peut-être que dans quelques années, les jeux paralympiques seront ceux où l’on retrouve les meilleures performances.