Élections: ce que geek veut…

Voici une lettre que j’aimerais adresser aux politiciens de tous les partis en cette campagne électorale…

Chers politiciens,

Période électorale oblige, nous sommes dans la saison des promesses. Malheureusement, vous négligez trop souvent un groupe d’électeurs important, tant par son poids politique qu’économique.

Ce sont les geeks.

On ne vous en veut pas de ne pas trop nous connaître. Par nature, nous sommes discrets.

Je dis « nous » parce que je crois sincèrement en être. Je ne suis aucunement leur porte-parole. Néanmoins, je pense bien les connaître. Aussi, pour vous faciliter la tâche, j’ai décidé de vous expliquer ce que, selon moi, vous devriez promettre pour vous assurer le soutien de cette communauté.

C’est, somme toute, assez simple : le Québec doit cultiver plus de génies.

Pour construire une société durable, le principal moteur économique du Québec doit être sa créativité et sa capacité à innover. Aujourd’hui, l’argent est dans les idées.

Je suis récemment tombé sur un très bon article du magazine Wired intitulé Cultivating Genius. Ça m’a ramené tout droit à mes études en ethnologie.

L’auteur, Jonah Lehrer, écrivait à juste titre que les génies ne sont pas le fruit d’une combinaison hasardeuse entre un environnement culturel quelconque et une génétique distinctive. Non. Les génies n’apparaissent pas de nulle part, ils émergent de modèles sociétaux particuliers.

Des études historiques tendent à démontrer que les génies ne sont pas répartis de façon régulière dans le temps, mais qu’ils arrivent plutôt en groupes à des moments précis. On parle d’Athènes en 44 avant Jésus Christ, de Florence au XVe et, j’ajouterais, de la Californie de la fin du XXe siècle.

Des sociétés qui, à ces époques, ont façonné le monde et qui semblent toutes posséder trois grandes caractéristiques.

D’abord, la possibilité d’avoir une population hétérogène. Le mélange des cultures et des idées peut provoquer des frictions, mais c’est dans ces échanges que l’on se force à réfléchir en dehors des sentiers battus.

Ensuite, il faut réfléchir l’éducation. De nouvelles façons d’enseigner provoquent de nouveaux paradigmes. Par sa nature, l’apprentissage est dynamique, il est contreproductif que le système qui y pourvoit  demeure statique.

Enfin, il faut encourager la prise de risque. On le répète : faire des erreurs est ce qui mène à l’innovation et au succès. Pour se planter et apprendre de nos erreurs, il faut d’abord avoir l’occasion de tenter de nouvelles choses.

Le Québec a tout le potentiel nécessaire pour cultiver plus de génies et d’innovateurs. Peu d’endroits dans le monde peuvent se vanter d’avoir des conditions aussi gagnantes que notre province en la matière. Il faut en faire une priorité.

Ainsi, chers politiciens, vous devriez nous promettre plus de génies. C’est facile, voici comment faire :

1-      Encourager l’immigration et les échanges culturels en reconnaissant davantage les compétences réelles de ceux qui viennent s’établir ici.

2-      Investir massivement en éducation et dans la recherche en pédagogie.

3-      Soutenir l’entrepreneuriat en promouvant le capital de risque et en finançant des projets novateurs.

Si vous faites cela, je pense pouvoir affirmer sans trop me tromper que la communauté geek sera derrière vous. C’est un programme politique qui trouvera des appuis à gauche et à droite tout en ayant l’avantage de vous faire paraître comme un avant-gardiste réfléchi et pragmatique.

Mieux encore, vous pourriez bien laisser un héritage politique durable au Québec en le faisant entrer pour de bon dans l’économie du nouveau millénaire.

Avouez, l’affaire est bonne.