La nécessaire science-fiction

Samedi le 27, j’aurai le privilège d’être le juge d’un concours de twitterature à l’émission La Sphère sur les ondes de Radio-Canada.

J’ai aussi eu la chance de participer à une journée « scientifique » au Collège Montmorency de Laval où j’avais été invité, en compagnie de l’auteur Olivier Dyens de l’université Concordia et de Guy Gauthier, professeur en production automatisé à l’ÉTS, à parler de l’avenir de la robotique.

Des occasions au cours desquelles j’ai eu l’occasion de réfléchir à ma démarche littéraire. Je suis un auteur de l’imaginaire. Parfois, je m’en veux d’être ainsi. J’ai toujours l’impression qu’il vaudrait mieux, pour connaître plus de succès, me vouer à une écriture plus réaliste, avec des personnages et des situations envers lesquelles mon lecteur peut facilement s’identifier. Écrire, en quelque sorte, l’aventure que constitue le quotidien.

Or (pour le moment, peut-être que cela changera), je suis toujours attiré vers les lieux imaginés. Ceux-ci ne sont pas nécessairement irréalistes, mais ils s’y trouvent toujours un élément hors du monde, une divergence qui n’existe que parce qu’on peut la concevoir.

Je me questionnais récemment sur la fonction de cette excroissance imaginée. Systématiquement, je suis revenue à cette réflexion sur la science-fiction.

La science-fiction, mais surtout le roman d’anticipation, est écrite à partir du réel auquel on ajoute « une couche ». Ce surplus, c’est souvent le résumé de nos peurs et de nos appréhensions envers l’avenir. C’est, en quelque sorte, un rêve éveillé qu’on voudrait, du moins dans certaines œuvres, prémonitoire.

Cette addition imaginaire permet en effet de poser des questions qui ne sont pas ancrées dans notre réalité. Asimov, dans Fondation, parlait de la fragilité de la connaissance lorsqu’elle est maltraitée par des distances grandioses. William Gibson nous guide sur la frontière toujours moins claire entre le virtuel et le réel et discute de ses effets sur notre culture. Le film Blade Runner, adaptation du livre « Do Androids Dream of Electric Sheep ? » de Philip K. Dick , soulignait le flou de ce qu’est un être humain face à une de ses créations qui lui ressemble trop.

À mon humble avis, il me semble que notre culture francophone ne fait pas assez de place à ses interrogations. L’anglophonie regorge de ses œuvres fantastiques et sciences fictives. Très peu en français.

Nous vivons aujourd’hui dans une ère d’accélération technologie, ce blogue y est dédié. De ne pas réfléchir aux conséquences culturelles des technologies me semble être une erreur.

Quand j’étais petit, nos grands-parents étaient dépassés par les technologies. Aujourd’hui, il n’est pas rare de rencontrer des trentenaires qui, déjà, ont du mal à suivre le rythme.

Ça m’inquiète.