Revue critique: Elon Musk de Ashlee Vance

Revue critique: Elon Musk de Ashlee Vance

7/10 

(à lire si affinité).

Elon Musk est l’un des entrepreneurs qui représente le plus l’esprit du nouveau siècle.

Archétype du geek multientrepreneur ayant réussi à devenir riche en vendant sa bonne idée à un géant de la technologie (il a aidé à fonder PayPal qui a été vendue à Ebay pour 1,5 milliard de dollars), il a surpassé cette étiquette « pour réinvestir tout son argent dans ses rêves d’enfance : les voitures (électriques), l’énergie solaire (avec son frère) et, surtout, l’exploration spatiale.

La biographie de Musk est intelligemment écrite par Vance. Journaliste, celui-ci, du moins, c’est ce qu’il écrit, n’a pas attendu la permission de Musk pour écrire sur son cas. Il a tout bonnement annoncé à l’entrepreneur qu’il ferait sa biographie, avec ou sans son aide. Une très bonne prémisse qui met le lecteur en confiance et qui laisse une certaine distance critique à l’auteur qui ne se gêne pas pour émettre des doutes sur certains dires d’Elon Musk ou encore à les confronter aux propos d’autres protagonistes d’un même événement. Cet exercice, soutenu par une recherche évidente, donne un livre nuancé même si l’on devine que l’auteur est fasciné par son sujet.

Il serait difficile de lui en vouloir. Elon Musk est tout sauf banal et cette biographie nous livre l’envergure de sa démesure. Extrême en tout point (il a une capacité phénoménale d’apprentissage et il travaille comme un fou; il exige l’impossible de ses employés et il a tendance à se construire un mythe), Elon Musk nous sert d’avertissement comme de leçon. À tout sacrifier pour ses rêves, on perd beaucoup, mais on réussit à pareille mesure.

C’est probablement la plus grande réussite de la biographie d’Ashlee Vance. On en ressort avec le même point de vue qu’on avait sur Elon Musk auparavant. On l’envie et on le plaint, on n’échangerait pas nécessairement notre vie avec lui, mais on respecte ses choix, son intelligence et sa volonté à changer le monde dans lequel on vit.

Quelques longueurs vers la fin du livre minent un peu la lecture. Les curieux, cependant, y trouveront leur compte.

Éditions Harper Collins, 2015
392 pages
Lu en V.O. anglaise.