S’incarner dans un robot comme dans Avatar de James Cameron

Sauf qu’on s’incarne dans un robot et non dans un corps biologique. La téléprésence a franchi récemment une nouvelle étape. Un étudiant en Israël, Tirosh Shapira, a réussi à manipuler un robot dans un laboratoire français grâce à la seule force de sa pensée… et d’un scan cervical.

La technique de « beaming » est développée dans plusieurs laboratoires du monde. Il s’agit de permettre à un être humain de « s’incarner » dans un robot à distance. Ordinairement, cette technique s’effectuait grâce à des lunettes de réalité virtuelle et des caméras capables de capturer le mouvement. En retransmettant les images captées par le robot aux yeux du marionnettiste nouveau genre, on tente de faire croire à l’homme qu’il se trouve, en fait dans le corps robotique.

Pour la première fois, un être humain a contrôlé un robot à des centaines de kilomètres de distances en utilisant seulement sa tête. En utilisant l’imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle, les scientifiques du VERE (Virtual Embodiement and Robotic Re-Embodiement) ont pu lire l’activité cérébrale de Tirosh Shapira alors qu’il imaginait bouger ses membres. Cette activité a été traduite en signaux qui faisaient remuer le robot en France.

Le projet VERE ne veut pas s’arrêter là. Leur véritable but est de permettre à l’humain de se « sentir » dans le corps robotique. Lors de sa « plongée », les scientifiques français ont permis à Tirosh Shapira d’admirer son corps robotique dans un miroir, ce qui, à ses dires, lui a donné l’impression d’être dans le laboratoire en France. La prochaine étape sera de permettre la manipulation à distance en utilisant un simple casque plutôt que d’avoir à utiliser un scanneur.

Les implications sont extraordinaires. À terme, les scientifiques voudraient permettre aux gens qui souffrent du syndrome du scaphandrier de prendre possession d’un corps qui pourrait lui procurer toutes les sensations humaines. Il sera aussi permis de se déplacer de corps robotique en corps robotique sans avoir à quitter son foyer. Il est donc permis de penser assister à une réunion à Hong Kong avant de se réincarner pour la fête d’un ami en France en quelques instants. Le contrôle de robots de travail, pour les travaux lourds, s’en trouvera aussi énormément facilité.

Quant aux questions éthiques que cette technologie soulève, elles sont multiples. Le piratage, entre autres, prendra une tout autre implication lorsqu’il permettra d’envahir le corps d’autrui.

Source : New Scientist